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de choses colossales, vous venez, vous, vous voulez, vous, les ramasser après lui, comme il les a ramassés, lui, Napoléon, après Charlemagne, et prendre dans vos petites mains ce sceptre des Titans, cette épée des géants ! Pourquoi faire ? Quoi ! après Auguste, Augustule ! Quoi ! parce que nous avons eu Napoléon le Grand, il faut que nous ayons Napoléon le Petit !
« C’est le discours d’un homme qui a vainement cherché, depuis trente ans, à être ministre ! » s’écria Montalembert.
Et Montalembert avait raison ; mais, pour être juste, il faut ajouter : c’est le discours d’un homme dont toutes les idées libérales étaient, depuis son association avec le Prince-Président, contenues et froissées dans leur développement ; c’est le discours d’un prisonnier qui se libère. Au moment où V. Hugo parlait, la vengeance de son ambition déçue s’exaspérait et s’ennoblissait enfin de toute la légitime indignation de sa conscience.
Quatre mois après ce discours, Napoléon faisait le Coup d’État.
Or quelle fut, pendant les journées de violence, l’attitude de la police et de la force armée à l’égard de V. Hugo ? La plus faite encore pour exalter sa rage et porter le fer rouge dans la blessure avivée de sa dignité. M. de Morny, « gentil-homme aigrefin et Tartuffe élégant », affecte de traiter V. Hugo comme une quantité négligeable. Le mot d’ordre donné à la police par de Maupas fut : « Pas d’affaires avec Hugo. » Machiavélisme outrageant : les belles attitudes de V. Hugo, en face du général Marulaz et des officiers de paix, sont dédaignées ; on ne répond rien à ses discours[1]. Que peut « cet organisateur à distance » [2] ? Au reste, pour s’en débarrasser, on fait parvenir jusqu’à lui le bruit que sa tête est mise à prix : on dément la chose après.
Méthode d’agent provocateur ; l’important est de forcer V. Hugo, par des manœuvres perfides, à quelque gaucherie