Page:Hugo - Légende des siècles, Hachette, 1920, 1e série, volume 1.djvu/299

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Et Kanut s’approcha de ce farouche aïeul, Et lui dit : « Laisse-moi, pour m’en faire un linceul, Ô Montagne Savo que la tourmente assiége, Me couper un morceau de ton manteau de neige. » Le mont le reconnut et n’osa refuser. Kanut prit son épée impossible à briser, Et sur le mont, tremblant devant ce belluaire, Il coupa de la neige et s’en fit un suaire ; Puis il cria : « Vieux mont, la mort éclaire peu ; De quel côté faut-il aller pour trouver Dieu ? » Le mont au flanc difforme, aux gorges obstruées, Noir, triste dans le vol éternel des nuées, Lui dit : « Je ne sais pas, spectre ; je suis ici. »

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