Page:Hugo - Légende des siècles, Hachette, 1920, 1e série, volume 2.djvu/159

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L’empereur ! — le citant à son haut tribunal,
A pris possession de l’état de Final. »

L’homme ajoute, dressant sa bannière penchée :
« Qui me contredira soit sa tête tranchée,
Et ses biens confisqués à l’empereur. J’ai dit. »


XIII

SILENCE.

Tout à coup on se tait ; ce silence grandit,
Et l’on dirait qu’au choc brusque d’un vent qui tombe,
Cet enfer a repris sa figure de tombe ;
Ce pandémonium, ivre d’ombre et d’orgueil,
S’éteint ; c’est qu’un vieillard a paru sur le seuil ;
Un prisonnier, un juge, un fantôme ; l’ancêtre !

C’est Fabrice.

On l’amène à la merci du maître.
Ses blêmes cheveux blancs couronnent sa pâleur ;
Il a les bras liés au dos comme un voleur ;
Et, pareil au milan qui suit des yeux sa proie,
Derrière le captif, marche, sans qu’il le voie,
Un homme qui tient haute une épée à deux mains.

Matha, fixant sur lui ses beaux yeux inhumains,
Rit sans savoir pourquoi, rire étant son caprice.
Dix valets de la lance environnent Fabrice.

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