Page:Hugo - Légende des siècles, Hachette, 1920, 1e série, volume 2.djvu/329

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Comme la vierge, ayant l’ouragan sur l’épaule,
Crachera l’avalanche à la face du drôle !

Aigle, ne maudis pas, au nom des clairs torrents,
Les tristes hommes, fous, aveugles, ignorants.
Puis, est-ce pour jamais qu’on embauche les hommes ?
Non, non. Les Alpes sont plus fortes que les Romes ;
Le pays tire à lui l’humble pâtre pleurant ;
Et, si César l’a pris, le Mont-Blanc le reprend.

Non, rien n’est mort ici. Tout grandit, et s’en vante.
L’Helvétie est sacrée et la Suisse est vivante ;
Ces monts sont des héros et des religieux ;
Cette nappe de neige aux plis prodigieux
D’où jaillit, lorsqu’en mai la tiède brise ondoie,
Toute une floraison folle d’air et de joie,
Et d’où sortent des lacs et des flots murmurants,
N’est le linceul de rien, excepté des tyrans.

Gloire aux monts ! leur front brille et la nuit se dissipe.
C’est plus que le matin qui luit ; c’est un principe !

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