Page:Hugo - Légende des siècles, Hachette, 1920, 1e série, volume 2.djvu/399

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Partout où resplendit la lueur aurorale,
Sans jamais t’arrêter, sans hésiter jamais,
Des fanges aux clartés, des gouffres aux sommets,
Va ! la création, cette usine, ce temple,
Cette marche en avant de tout, donne l’exemple !
L’heure est un marcheur calme et providentiel ;
Les fleuves vont aux mers, les oiseaux vont au ciel ;
L’arbre ne rentre pas dans la terre profonde
Parce que le vent souffle et que l’orage gronde ;
Homme, va ! reculer, c’est devant le ciel bleu
La grande trahison que tu peux faire à Dieu.
Nous donc, fils de ce siècle aux vastes entreprises,
Nous qu’emplit le frisson des formidables brises,
Et dont l’ouragan sombre agite les cheveux,
Poussés vers l’idéal par nos maux, par nos vœux,
Nous désirons qu’on ait présent à la mémoire
Que nos pères étaient des conquérants de gloire,

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