Page:Hugo - Légende des siècles, Hachette, 1920, 1e série, volume 2.djvu/459
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Où croissaient l’ouragan, l’hiver, les tourbillons,
Les sifflements et les huées ;
Grâce à lui, la concorde est la gerbe des cieux ;
Il va, fécondateur du ciel mystérieux,
Charrue auguste des nuées.
Il fait germer la vie humaine dans ces champs
Où Dieu n’avait encor semé que des couchants
Et moissonné que des aurores ;
Il entend, sous son vol qui fend les airs sereins,
Croître et frémir partout les peuples souverains,
Ces immenses épis sonores !
Nef magique et suprême ! elle a, rien qu’en marchant,
Changé le cri terrestre en pur et joyeux chant,
Rajeuni les races flétries,
Établi l’ordre vrai, montré le chemin sûr,
Dieu juste ! et fait entrer dans l’homme tant d’azur
Qu’elle a supprimé les patries !