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Préface

L’auteur de ce drame écrivait, il y a peu de semaines, à propos d’un poète mort avant l’âge :

« ...Dans ce moment de mêlée et de tourmente littéraire, qui faut-il plaindre, ceux qui meurent ou ceux qui combattent? Sans doute, il est triste de voir un poète de vingt ans qui s’en va, une lyre qui se brise, un avenir qui s’évanouit; mais n’est-ce pas quelque chose aussi que le repos? N’est-il pas permis à ceux autour desquels s’amassent incessamment calomnies, injures, haines, jalousies, sourdes menées, basses trahisons; hommes loyaux auxquels on fait une guerre déloyale; hommes dévoués qui ne voudraient enfin que doter le pays d’une liberté de plus, celle de l’art, celle de l’intelligence; hommes laborieux qui poursuivent paisiblement leur œuvre de conscience, en proie d’un côté à de viles machinations de censure et de police, en butte de l’autre, trop souvent, à l’ingratitude des esprits mêmes pour lesquels ils travaillent; ne leur est-il pas permis de retourner quelquefois la tête avec envie vers ceux qui sont tombés derrière eux, et qui dorment dans le tombeau? invideo, disait Luther dans le cimetière de Worms, invideo, quia quiescunt.

"Qu’importe toutefois? Jeunes gens, ayons bon courage! Si rude qu’on nous veuille faire le présent, l’avenir sera beau. Le romantisme,

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