Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/22

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Moyen-Age et d’antiques églises et une ville, — ce qui ne gâte rien, — très vivante, et pourvue de toutes les ressources modernes, Dijon !

Et Durtal, conquis par la rondeur de ce père, avait effectué une retraite de quinze jours dans son couvent et, sur les conseils mêmes de l’abbé, il avait loué la maison et le jardin proches du cloître.

Et l’existence y avait été, en effet, très douce.

L’abbaye était familiale et sans ce côté de foule et de sourde panique qui l’avait tant gêné à Solesmes ; c’était un peu, au Val des Saints, l’excès contraire, la trop grande liberté laissée à chacun, mais ce n’était pas à Durtal, qui en profitait, à se plaindre. Dom Anthime Bernard, l’abbé, était un vieillard de près de quatre-vingts ans, d’une sainteté reconnue, et, en dépit d’incessants tracas, d’une bienveillance attentive et d’une gaieté toujours neuve. Il accueillit Durtal, à bras ouverts, lui déclara, au bout d’un mois, qu’il était chez lui au monastère, et pour bien lui affirmer que cette assurance n’était pas vaine, il lui remit une clef de la clôture. Il est vrai qu’en dehors même de l’amitié qui le lia bientôt à quelques-uns des habitants de ce reclusage, Durtal pouvait se prévaloir de sa situation exceptionnelle de postulant, puis de novice oblat ; elle l’introduisait, en effet, de plain-pied, dans l’ordre dont il devait, lorsque le temps de sa probation serait terminé, faire partie.

La question si obscure de l’oblature s’était en effet presque aussitôt posée ; mais s’il ne l’avait pas clairement résolue, l’abbé l’avait au moins tranchée par une solution de simple bon sens.