Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/28

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— Oui, c’est l’une des plus importantes fondations qu’ait autrefois créées Solesmes ; c’est le grand cloître de la Bourgogne.

— Son origine est ancienne ?

— Oui, il y eut, en ce lieu, un prieuré dépendant de cette illustre abbaye de Saint-Seine, située à près de cinq lieues de Dijon et dont les bâtiments réparés ou plutôt changés de fond en comble se sont mués en des usines d’hydrothérapie et des entrepôts de malades qu’on douche. Saint-Seine, qui fut instituée, en 534, par le saint de ce nom, a compté parmi ses religieux saint Benoît d’Aniane, le réformateur de l’ordre de saint Benoît, au neuvième siècle ; son prieuré du Val des Saints fut florissant ; il subsistait encore à l’époque de la révolution, mais il traînait une piété languissante et achevait d’égoutter une vie sans gloire. Il disparut dans la tourmente. Il a été exhumé, il y a une trentaine d’années seulement. Dom Guéranger, l’abbé de Solesmes, auquel on donna ses ruines, le réédifia et le peupla de moines et, de minuscule prieuré qu’il était à ses débuts, il devint une puissante abbaye.

— Et l’ami de l’abbé Plomb, celui qui est venu nous voir à Chartres, Dom… je ne sais quoi… ah ! Je n’ai pas la mémoire des noms !

— Dom Felletin.

— C’est cela même, est-il ici ?

— Oui, il est le maître des novices.

— Je serai contente de le saluer.

— Vous le reverrez ; je lui ai annoncé votre arrivée.

— Alors, comme société, vous avez celle des moines ; et, en dehors d’eux ?

— En dehors d’eux, dame, c’est plutôt court. Il y a,