Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/60

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


bracelets, aux bagues, dont les montures et les pierres se concilient comme tons et s’assortissent.

— En somme, le médiocre est l’exception et l’admirable Domine, fit le P. Abbé. Vous pouvez citer un gloria exécrable, quelques hymnes aux mélodies confuses ou fades, mais qu’est cela en face de la masse imposante, superbe de nos offices ?

— Vous avez raison, mon révérendissime, nos critiques ne peuvent en effet porter que sur un nombre restreint de pièces et j’ajoute sur celles qui sont les moins antiques ou les plus réparées, car il semble que plus le chant grégorien est simple et plus il est intact et plus il est ancien. Le malheur seulement c’est que les jours de fêtes carillonnées où l’on serait heureux de voir la musique égale en beauté au cérémonial et à la pompe du rite, l’on est précisément condamné à n’entendre que de la quintessence de mauvais chant.

— Ce n’en sera pas moins la gloire de Dom Pothier et de l’école de Solesmes que d’avoir ressuscité ces antiques cantilènes qui sont la vraie musique de l’église, la seule en somme, car tous les musiciens les plus forts, depuis Palestrina jusqu’aux maîtres de nos jours, ne sont jamais parvenus, lorsqu’ils ont voulu traduire les proses liturgiques, à égaler la valeur de certains de nos Kyrie, du Pater des Vêpres, voire même de nos Credo. — Et je ne parle pas du Te Deum et des Leçons et des Evangiles de la Semaine Sainte ! s’exclama Dom de Fonneuve.

— La question serait d’abord de savoir, répartit M. Lampre, si la musique palestrinienne dont on nous rebat les oreilles, depuis le succès de snobisme des