Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/64

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— Le sieur Brisson, dit M. Lampre.

— Faut-il, fit lentement Dom de Fonneuve, faut-il que cet homme ait commis dans sa pauvre existence des actes misérables pour haïr ainsi Notre-Seigneur !

— N’importe, conclut le P. Abbé, je suis de l’avis de Dom Prieur ; l’orage n’est pas près d’éclater ; on le détournera d’ailleurs par des prières. Je crois que nous pouvons, en attendant, dormir sur nos deux oreilles, en paix.

Les tasses et les petits verres étaient depuis longtemps vides. Le P. Abbé donna, en se levant, le signal du départ et il regagna, ainsi que le prieur, sa cellule ; le père hôtelier accompagna l’hôte ; M. Lampre et Durtal suivirent Dom Felletin qui les emmena se promener dans le jardin.

La récréation monastique, un peu allongée à cause de la fête, n’était pas terminée. Les pères se promenaient sur deux lignes, marchant, à tour de rôle, l’une devant elle et l’autre à reculons, dans une allée de charmes ; et les novices faisaient de même, à l’autre bout du jardin, dans une autre allée.

Le jardin, formant une sorte de quadrilatère, était situé derrière l’abbaye et il s’étendait, au loin, dans la campagne. On débouchait, de plain-pied, en sortant du cloître, devant des carrés de terre où des haricots et des choux alternaient avec des fleurs et ces carrés, plantés à leurs quatre coins de poiriers en quenouilles, étaient coupés par de petits chemins bordés de buis qui menaient alors à de grandes avenues d’arbres, au fond desquelles apparaissaient des prairies et des vergers que fermait, à une longue distance, une haie de peupliers derrière laquelle se dressait le mur de clôture.