Page:Huysmans - L'Oblat.djvu/68

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Or, la conférence n’était pas plutôt terminée que le frère Aymé s’empressa de marcher sur le pied du petit Blanche et de s’excuser en ces termes : je crois, mon frère, que j’ai marché sur notre pied.

Le père Emonot qui écoutait a vu dans cette blague un manque de déférence pour moi ; je vous demande un peu !

— C’est une plaisanterie facile, mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat, fit Durtal.

— Enfin, s’écria M. Lampre, pourquoi diable aussi gardez-vous comme sous-maître des novices un homme dont les idées sont si étroites ?

Le père Felletin rit. — Nous nous complétons ; le père Emonot possède ce qui me manque pour la direction d’un noviciat. Il a l’ordre, le besoin de surveillance, l’alerte toujours en éveil ; et ces qualités sont indispensables dans un milieu qui se divise forcément en deux groupes : celui des novices d’un certain âge qui sont prêtres et celui des jeunes, des bambins qui ne le sont pas. Il y a là un sujet de froissement ; les uns, se croyant supérieurs aux autres et les autres arguant de la règle pour repousser cette prétention. Eh bien, le père zélateur est très habile pour empêcher ces minuscules discordes de naître. Aucune ne se produit depuis qu’il est là. Il traite tout le monde d’égal à égal, avec cependant de si parfaites nuances que personne ne se plaint. Et puis, vous, mon cher Durtal, qui, en votre qualité de novice d’oblature, pouvez pénétrer dans le noviciat, avouez que les corridors sont bien cirés, qu’il n’y a pas un grain de poussière, que toutes les cellules sont bien tenues. Le père Emonot a introduit l’air, la