Page:Jean Paul - Pensées, 1829.djvu/39

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


35

on tes pardonne volontiers, paree qu’on es. père que leur auteur s’attaque plus aux indi. vidus qu’aux vices mêmes. Dans tes livres, c’est tout le contraire, et sous ce rapport un auteur satiriqne est plus heureux qu’un médecin en effet, ce dernier composa avec quelque chaleur un ouvrage sur la pathologie, il ne peut décrire qu’un bien petit nombre de maladies que ses lecteurs ne croient avoir, pour peu qu’ils soient doués de quelque vi~. cité d’imagination. En dépeignant à un hypo. cendre l’état des personnes attaquées d’aQec. tions spasmodiques, il lui inocule leurs souffrances comme s’il le plaçait dans le même lit qu’elles ; et je suis fermement convaincu que peu de gens des classes supérieures peuvent lire une description frappante de certaine maladie honteuse sans s’imaginer aussitôt qu’Hs en souffrent eux-mêmes. Telle est la faiblesse de leurs nerfs, telle est la puissance de leur .magination ! Un écrivain satirique, au contraire, peut se flatter de ne voir que bien rare. ment tes lecteurs de ses descriptions des ma.