Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/311

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Auſſi meſme en ce que ie veux
Offrir aux grands, ie me propoſe
De leur ſaire enſemble ces deux
Cueillir en vne meſme choſe :
Le plaiſir remuant les cœurs
Leur attrait l’eſprit, & l’oreille,
Et l’autre leur deuoir éueille
Aux conſeils, aux faits, & aux mœurs.
Si dans mes vers tu ne voulois
Chercher que la fueille agreable
Sans fruit, Veſcorce ſans le bois,
Le bois ſans le ſuc proffitable,
I’aimerois mieux te voir touſiours
Baller, courre, eſcrimer, t’eſbatre
A cent ieus, & ſaire combatre
Dans ta court ton Once & tes Ours :
Ou bien chaſſer, non pas ouïr
La Chaſſe qu’ici ie t’ay faite,
La Muſique ouïr, non iouïr
D’vne Muſique plus parfaite,
Par laquelle taſchant chaſſer
A cor & cri noſtre manie,
Ie veux la paiſible harmonie
ſaire à tes ſuiets embraſſer.
Ou bien i’aymeroy mieux te voir
Amuſer d’vne maſquarade,
Vuide de ſens & de ſçauoir,
Te paiſſant de vaine brauade :
Ou t’amuſer par des bouffons
De ce qui par eux Comedie
Se nommeroit, ou Tragedie,
Et des deux n’auroit que les noms.
I’ay le premier de ces deux ci
L’honneur en ta France fait naiſtre,
Qui des Rois, qui du peuple auſſi,
Deux diuers miroirs ſouloyent eſtre :
Si les premieres n’ont eſté
Parfaites pour mon trop ieune age,