Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/312

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Ie me ſuis en ce double ouurage
Moymeſme depuis ſurmonté.
I’ay (pour n’eſloigner mon propos)
Maint grand labeur taſché parfaire,
Pour ce bien du commun repos
Diſtrait de nous, à nous retraire,
Tant pour domter l’opinion,
L’abus, & l’ardeur aueuglee,
Qu’en la police dereiglee
Chercher la reigle & l’vnion.
Mais ſur ma Lyre ie ne veux
Maintenant chantant vne Chaſſe,
Que dreſſer quelques petits vœus
Sur le mal qu’il faut que lon chaſſe,
Et dedans mes vers rapportant
L’vne & l’autre pourſuitte & queſte,
faire que ce chant que i’appreſte
T’aille doublement contentant.
Car comme du plaiſir i’ay dit,
Si en cela que ie te donne
Tu recherchois le ſeul proffit
Et le maintien de ta couronne,
Tu ferois mieux en ton royal
Conſeil, arreſté du langage
D’affaires, & du ſainct viſage
Du graue & docte l’Hoſpital.
La Ieuneſſe, la Royauté,
Et des Princes la nourriture,
font que toute ſeuerité
Répugne fort à leur nature :
Mais ſi faut-il qu’armes & loix,
Honneur, vertu, ſçauoir, prudence,
fuſt-ce entre le feſiin, la dance,
Et le ieu, ſ’apprennent des Rois.
Vn Prince ſe peut deſtourner
Tant de l’amour que de l’eſtude,
De tout ce qui peut plus l’orner,
Que ſon ſceptre : ſoit par trop rude