Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/316

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Qui peut en guerre l’aduerſaire,
Et en paix les crimes chaſſer.
Mais retourner au Cerf il faut,
Qui d’vne longue randonnee
Forlongeant, fait eſtre en defaut
Toute noſtre meute eſtonnee :
Il faut que ces chiens ia branlans
Touſiours en crainte ſe retiennent,
Tant qu’eux-meſme aux voyes reuiennent,
Apres leur Cerf touſiours allans.
Il fait ſes ruſes maintenant
Que luy a peu ſon age apprendre,
Aux hardes des beſtes donnant,
Pour faire aux chiens le change prendre :
Ou bien querir (peut-eſtre) il va
D’autres Cerfs, que touſiours il chaſſe
Deuant ſoy, par ſi long eſpace
Qu’il face ſuiure vn de ceux là.
Ou n’ayant qu’vn ſeul Cerf trouué
Dedans ſa repoſee, à l’heure
Il le chaſſe : & d’où ſ’eſt leué
Ceſt autre, le noſtre demeure :
Ou tout au bout d’vn long ſuyant
Bondiſt au fort, ou bien il vſe
Encores de mainte autre ruſe
Sur luy fuyant & refuyant.
Si pas vn de tes chiens n’a ſceu
Defaire la malice ſienne,
Et que relancer ne l’ait peu,
Il faut que le limier on prenne,
Et qu’on commence à requeſter
Depuis la briſee derniere,
Où l’on a veu les chiens derriere
Leur proye branſler & douter :
Suiure les voyes, aduiſer
Fort bien ſil demeure, ou ſil paſſe
Songer comme il a peu ruſer,
Tant que ſes ruſes on defface :