Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/318

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Les bruyans & hautains accors,
Que les trompes dans l’air eſpandent.
On coupe & leue vn des pieds droits,
On abat l’orgueil de ſa teſte,
Qui font (Sire) de ta conqueſte
Les enſeignes & premiers droits.
On ſe met (peut-eſtre) à parler
Voyant ceſte teſte ramee
De frayer, brunir, & perler,
De bien ſommee, & bien paumée,
De bien roüee, & ſi elle a
Marrein, andouilliers, & goutieres
D’vn fort vieux Cerf, & cent manieres
De diſpute outre celles là :
Si lon auoit premierement
Bien iugé qu’il fut Cerf courable,
S’il eſt Cerf dix cors ieunement,
Ou fort vieux Cerf & fort chaſſable :
Si le pied monſtroit bien que c’eſt,
Et tous ſignes qu’on a peu prendre,
En ton retour tu peux entendre,
Tout tel deuis qui aux grands plaiſt.
Là ſouuent du particulier
On tombe à parler de la chaſſe
En commun, comme du Sanglier,
Soit que lors du Vautray lon face,
Ou d’autres façons le diſcours :
Quand par grands leuriers que lon iaque,
Au ſortir du fort il ſ’attaque
Du coſté qu’on a fait l’accours.
Ces animaux grondans, fumans
A gueule ouuerte, armez d’horribles
Deffenſes, bauans, écumans,
Et plus dangereux que terribles,
Se peuuent à cheual tuer
De l’eſpee : mais ie m’aſſeure
Que l’eſpieu eſt l’arme plus ſeure,
Soit pour atteindre ou pour ruer.