Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/319

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


On parle des loups que lon prend
A la huee, ou d’autre forte,
Du carnage par qui lon rend
La gloute beſte priſe & morte :
On parle des cheureuls, des daims,
Et d’autres, ſoit pour courre, ou tendre,
Ou pour épiant les ſurprendre
D’vn plomb, ou bien d’vn trait attaints :
Ainſi que l’Ours qui ne court ſus
Aux gens, tant que mal on luy face,
Ains attend le coup de deſſus
Vn haut arbre. Or quand on le chaſſe
De ſes cauernes les grands trous
On bouſche, & bien qu’il grimpe, & ruë
Des pierres, qu’il ſerre, & qu’il tuë,
Cede en fin aux chiens & aux coups.
Puis du caut Renard buiſſonnier,
Qui touſiours entre les chiens vſe
De tours ruſez, mais du leurier
La dent finit en fin ſa ruſe :
Ou de petits chiens lon ſe plaiſt,
Comm’au Blereau luy faire guerre,
On eſcoute, on houë la terre
Droit ſur l’accul quand il y eſt.
Parler auſſi du Lieure on peut
Qu’à force on prend, ou d’vne forte
Rare, quand le Leopard veut
En quatre ou en cinq ſauts l’emporte :
Meſme on peut diſcourir combien
A leuretter on ſe peut plaire,
Quand en plaine raſe on voit faire
Au lieure & aux leuriers fort bien.
Pour le queſter on va marchant
Par rang dedans telle campagne,
Le Pelaud part : on va lachant
Les leuriers, tes cheuaux d’Eſpagne,
Et les viſtes courtaus apres.
Font poudroyer leur longue trace :