Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/322

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Piqué du plaiſir que ſur tous
Il aime, il exerce & honore,
Subtilement deſtournera
Le propos hors de Venerie,
Et haut & dru de Volerie,
Mais en bref pourtant parlera.
L’occaſion ſe peut choiſir
Sur cela que lon t’a fait prendre
Ce matin aux oiſeaux plaiſir,
Auant que par courſe entreprendre
De forcer ce Cerf, & premier
D’Auſtrucher ſera la parole,
Soit qu’en ſaiſon propre ſe vole
Le perdreau par vn Eſpreuier :
Soit que d’autres oiſeaux de poing
On vole auſſi pour champs, à l’heure
Que ces perdreaux font ia plus loing
Leurs vols, d’aile auſſi roide, & ſeure
Que pere & mere, ou quand ils ſont
Ia perdrix, qui vieilles deuiennent :
Pour tel vol ſur le poing ſe tiennent
Les Autours, qui guerre leur font.
Ou bien leurs Tiercelets qu’on croit
Faire mieux, & que plus on aime,
Meſme ſouuent dreſſer on voit
L’oiſeau de leurre à ce vol meſme :
Vn Lanier dans l’air ſe ſouſtient
Sans fin, & roüant ne ſ’écarte
Iuſqu’à tant que ſon gibbier parte,
Meſme vn faucon long temps ſ’y tient.
Qui plus eſt, vn. Sacre, vn Gerfaut,
Se dreſſe à ceſte meſme proye,
Qu’auparauant ietter ne faut
Que partir leur proye on ne voye :
Tous ces oiſeaux ne bloquent pas
Lors que les perdrix ils remettent :
Mais tous, quand ils ſont bons, les mettent
Au pied, fondans ſoudain en bas.