Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/332

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Sa vie à vn ſeigneur eſtreinte :
Ou par la force, ou la contrainte
Des crimes qu’il void ou entend :
Ou pour la deffence du bien
Que ſa maiſon tient en l’Egliſe :
L’Auarice trouue moyen
De ſe couurir ſous la feintiſe :
Ou par vn éguillonnement
De femmes, d’amis, de lignage,
Ou bien pour quelque autre auantage,
Ruſe, égard, ou tranſportement,
A ſans rien poiſer eſpouſé
Soudain l’vne ou l’autre querelle :
Et quant à ceux qui ont vſé
En cela d’vn bon & vray zele,
Le nombre eſt grand, mais ie ne ſçay
Si des autres le nombre ils paſſent :
Et quoy qu’ils prétendent ou facent.
En eſtime ie ne les ay.
Car quant aux vns ils ſçauent bien
Que CHRIST eſt vn Roy paciſique,
Dieu de paix, & ſeul entretien
D’vnité dans ſon corps myſtique :
Que CHRIST veut puis qu’il n’eſt permis
(Diſent-ils) gloſer l’Eſcriture,
Que nous aimions ceux qui iniure
Nous font, & nous font ennemis :
Qu’à celuy qui va ſouffletant
L’vne des iouës, l’autre on baille :
Que quand on nous va tourmentant
D’vne ville en l’autre on ſ’en aille :
Que les ſaincts anciens n’ont pas
Deffendu leur cauſe par armes,
Mais leur ieuſne, priere & larmes,
Et leur mort eſtoyent leurs combats.
Que ceux-ci meſmes
Nagueres ceux, qui d’vn courage
Trop charnel en auant mettoyent,