Page:Kant - Anthropologie.djvu/209

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Mais il y a aussi un goût affectif dont la règle doit, être fondée à priori, parce qu’elle révèle une nécessité, par conséquent une valeur pour chacun, comme de juger la représentation d’un objet par rapport au sen­timent de plaisir ou de peine (où par conséquent la raison est secrètement engagée, puisqu’il s’agit de savoir si l’on ne peut pas en dériver le jugement de principes rationnels, et, par suite, le prouver). On pourrait nommer ce goût rationnel, pour le distinguer du goût empirique comme goût sensitif (celui-là serait un gustus reflectens, celui-ci un gustus reflexus).

Toute expression de sa propre personne ou de son art avec goût suppose un état social (de communi­cation réciproque), qui n’est pas toujours sociable (participant au plaisir d’autrui), mais ordinairement barbare pour commencer, insociable et purement que­relleur. — Dans la parfaite solitude personne ne pa­rerait, n’embellirait sa maison pour soi ; personne ne le ferait même pour les siens (femme et enfants) : on ne le fait que pour des étrangers, pour se montrer à eux sous un jour avantageux. Mais dans le goût (le choix), c’est-à-dire dans le jugement esthétique, ce n’est pas la sensation (le matériel de la représentation de l’ob­jet), mais bien la manière dont ce matériel est poéti­quement arrangé par l’imagination libre (productive), c’est-à-dire la forme, qui produit immédiatement l’a­grément inséparable de ce jugement : il n’y a effec­tivement que la forme qui puisse prétendre à une règle universelle pour le sentiment du plaisir. On ne saurait attendre une semblable règle universelle de la

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