Page:Kant - Anthropologie.djvu/22

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Plus tard, lorsqu'il cherche à parler, il estropie les mots ; ce qui le rend encore plus aimable aux mères et aux nourrices, qui l'accablent à chaque instant de caresses et de baisers. Ëllee courent au-devant de ses désirs et de ses volontés, ce qui en fait un petit des­pote. Cette amabilité de la première enfance, à l'épo­que où elle parvient à l'humanité, a bien encore sa rai­son dans l'innocence et la naïveté de toutes les paroles encore défectueuses de l'enfant ; paroles qui ne ren­ferment encore ni dissimulation ni méchanceté. Une autre raison du même fait, c'est le penchant naturel des nourrices à prodiguer leurs soins à une créature qui s'abandonne complètement et d'une façon si ca­ressante à la libre disposition d'autrui. Cette période de sa vie est celle des jeux, des amusements, la plus heureuse entre toutes; et celui qui prend soin de l'en­fance ressent encore une fois les plaisirs de cet âge, en se faisant de nouveau lui-même enfant dans une certaine mesure.

Le souvenir des premières années ne remonte ce­pendant pas aussi loin, par la raison que cet âge n'est pas celui de l'expérience ; c'est simplement le temps des perceptions éparses soumises à la notion de l'ob­jet, mais pas encore celui des perceptions réunies sous cette notion.

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