Page:Kant - Anthropologie.djvu/37

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pendant fait voir l’homme dans une si étroite parenté avec le reste des animaux, qu’il en est saisi de honte et que les expressions propres ne seraient pas tolérables dans la bonne compagnie, bien que celles dont on se sert soient encore assez transparentes pour provoquer le sourire. — L’imagination peut ici se donner carrière dans l’obscur, et ce n’est pas toujours un art vulgaire que d’éviter le cynisme sans risquer de tom­ber dans une pruderie ridicule.

Souvent encore nous sommes le jouet de représen­tations obscures, qui ne veulent pas disparaître quoi­que éclairées par l’entendement. Ainsi, c’est une grande affaire pour plus d’un mortel d’avoir sa sépul­ture dans son jardin ou sous un arbre touffu, dans un champ ou un terrain sec, quoique dans le premier cas il n’ait pas de raison d’espérer une belle vue, ni dans le second de redouter un rhume.

Même pour les gens éclairés, l’habit fait l’homme jusqu’à un certain point. Le proverbe russe dit, à la vérité que : « l’on reçoit l’étranger suivant son habit, et qu’on le reconduit suivant son esprit ; » mais l’en­tendement ne peut cependant pas prévenir l’impression de représentations obscures d’une certaine im­portance que fait une personne bien habillée ; en tout cas seulement il peut se proposer de rectifier plus tard le jugement porté d’abord sur cette personne.

On recourt même assez souvent à l’obscurité par un dessein préconçu, pour se donner un air de profon­deur et de solidité : de la même manière à peu près que des objets aperçus au crépuscule ou à travers un

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