Page:Kant - Anthropologie.djvu/41

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quelque chose : au contraire l’embarras dans les for­mes (la pédanterie) est non seulement inutile chez les derniers, mais encore ridicule par suite de la pré­somption qui s’attache inévitablement au pédant, puisque c’est la prétention d’un ignorant.

Mais l’art, ou plutôt la facilité de parler avec le ton de la bonne société, et de se montrer en général au gré de la mode, est faussement appelé popularité, lors sur­tout qu’il s’agit de science ; c’est plutôt une légèreté enjolivée, qui déguise la grande pauvreté d’un esprit peu étendu. Mais il n’y a que dés enfants qui s’y laissent prendre. « Ton tambour (disait le quacker, dans Addison, à un officier bavard qui était à côté de lui en voi­ture) est ton emblème ; il résonne parce qu’il est vide. »

Pour juger les hommes d’après leurs facultés de connaître on les divise en ceux qui ont le sens com­mun (sensus communis), qui n’est assurément pas com­mun (sensus vulgaris), et en savants. Les premiers con­naissent les règles à l’état d’application (in concreto), les autres les connaissent en elles-mêmes et avant leur application (in abstracto). — On nomme l’intelligence qui constitue la première manière de connaître, la saine intelligence humaine (bon sens) ; celle qui cons­titue la seconde, l’esprit éclairé (ingenium perspicax). — Il est remarquable que l’on se figure la première, qui n’est ordinairement regardée que comme une fa­culté pratique de connaître, comme une intelligence qui peut non seulement se passer de culture, mais à laquelle même la culture est préjudiciable lorsqu’elle n’est pas poussée suffisamment loin ; on l’estime donc

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