Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/249

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REGLES DE MARIAGE DE PLUTARQUE 163 ne fe fafche pas pour fa premiere eitrangeté SL amer- tume, donne vn fingulier plaifir pour la compagnie d’vne vie douce & priuee. Mais ceux qui ne peuuent Beüeçvw- 35 fouffrir les premieres rudefïes des filles, c’eit autant, pamyonl ce me femble, comme ii quelqu’vn quittoit à vn autre le raifin meur, pour auoir trouué amer le verius de· grain; & auiïi pluiieurs nouuelles mariees, ayans prins en haine leurs marys, ont fait tout de mefmes, _ 40 comme qui endureroit bien la piqueure des abeilles, mais apres laifferoit les rais de miel. Sur tout il faut que les nouueaux mariez fe donnent bien garde qu’ils _ ne ûentrepiquent & offenfent l’vn l’autre, ains qu’ils ayent cela deuant les yeux, qu’au commencement, · 45 quand on vient à former les vafes à la fonte, aifément par la moindre chofe fe viennent ils à refoudre; mais auec le temps, quand les ioinétures fe font prifes & confolidees, lors auec le feu & le fer à peine les peut on desfaire. · 50 Ainii que le feu fiallume aifément à la paille, & au 111. poil de lieure, & auiü tofl; eft il efteint, fi de là ne fe Sigëgzgde prent à quelque autre chofe qui le puifïe garder & de"°‘"· entretenir; tout de mefme faut il penfer qu’il n’eft rien moins de duree, ny moins aiieuré que le poignant 55 amour qui ûenflame aux nouueaux mariez, pour le plaiiir du corps & la fleur de Paage, finon que cefte affection puis apres fiafïie & lïarrefte fur les bonnes mœurs & conditions, & par ce moyen, fe prenant à l’efprit, elle vient foudain à fe rendre d’vne qualité 6o fpirituelle & animee. La pefche auec les drogues venimeufes qu’on fait, lV· prent bien foudain & fort aifément le poiifon, mais


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