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AB — 6 — AB

CONJUG. ANC.

Abait, subjonct. prés. Aboie. (Voy. Fabl. MS. du R. n° 7615, fol. 215, V° col. 2.)

VARIANTES :

ABAIER. Chans. MSS. du C. Thib. p. 147.

ABAYER Molinet, p. 127. - Cymb. Mundi. p. 137.

ABBAYER. H. Est. Conform. du Fr. avec le Gr. - Regn. Sat. XVIII, p. 142.

ABBOYER. Brant. Cap. fr. t. I. p. 371.

ESBAIIER. Chans. MSS. du C. Thib. au lieu cité ci-dessus, MS. différent.

HABAER. Borel, Dict. au mot Habaans, et Villehard. p. 105.

HABAIER. Faifeu, p. 40.

Abaieur, subst. masc. Qui aboie.

(Voy. Monet. Dict.)

Abaiser, verbe. Appaiser.

C'est le changement du p en b, lettres du même organe, comme le remarquent les Grammairiens.

Mais ne put souffrir tel desroy

Pallas qui la noise abaisa.

Trad. d'Ovid. MS. cité par Borel, Dict.

Abaisser, verbe. Baisser. Abaisser, humilier. Diminuer.

Dans le sens propre, on a dit s'abesser, pour se baisser, se pencher en avant.

.... si s'abessa

Et, un à un, tous les blessa.

H. de Fr. en vers à la s. de Fauvel. MS. du R. n.° 6812, fol. 86.

Au figuré, pour s'abaisser, s'humilier. Cette acception subsiste encore. " C'uns chascuns ne s'abast mies solement desoz les devantriens , mais nes assi desoz les plus jounes. " (St. Bern. Serm. fr. MSS. p. 264.)

Par extension du sens propre baisser, diminuer la hauteur d'une chose, abaisser a signifié diminuer en général. " Cil feu fu si granz et si orribles, que nul hom nol pot estaindre, ni abaissier. " (Villehardouin, p. 81.)

Moult li ont abaissié son los .

Floire et Blancheflor. MS. de St. G. fol. 204, R.°, col, 2.

On dit encore par métonymie, diminuer quelqu'un, pour diminuer sa taxe, lui en imposer une moins forte. C'est dans une signification à peu près semblable que nous lisons : " Le supplioit qu'il lui fist faire droit à son oncle (par son oncle), et l'abaissast des outrages et des forfais qu'il lui faisoit. " (Chron. St Denys, T. I, fol. 246.)

CONJUG. ANC.

Abassi, part. Abaissé. (Voy. Borel, Dict. - Villehardouin, p. 22.)

Abast, imper. Abaisse, humilie. (Voy. St Bern. Serm. Fr. MSS. p. 264.)

Abés, indic. prés. J'abaisse. (Voy. Parten. de Blois, MS. de St G. fol. 174, R° col. 1 et 2.)

Abest, subj. prés. Abaisse, diminue. (Voy. Fabl. MS. du R. n° 7615, fol. 135, R° col. 1.)

VARIANTES :

ABAISSER. Bourgoing, de Orig. voc. vulg. fol. 10. V°.

ABAISSIER. Villehard, p. 81.

ABASIER. Fabl. MS. du Roi, n° 7615, t. II, fol. 150, V° col. 2.

ABESSER. H. de Fr. en vers, à la suite de Fauvel, MS. du R. n° 6812, fol. 86.

ABESSIER. Fauch. Lang. et Poës. fr. p. 102. - Ord. t. I, p. 384.

Abaisseur, subst. masc. Qui abaisse.

(Voy. Monet et Oudin, Dict.)

Abalourdir, verbe. Abrutir, rendre stupide.

(Voy. Oudin et Corneille, Dict.) Ce mot subsiste encore avec une légère altération dans notre mot Abasourdir.

Abandon, subst. masc. Délaissement.

Ce mot subsiste sous la première orthographe ; il paroît formé du mot bandon et de la préposition à : l'habitude de réunir cette préposition avec le mot bandon, a probablement fait confondre ces deux mots en un seul. On trouve encore à bandon pour à discrétion dans G. Guiart. (Voy. ci-dessous BANDON). On disoit dans le même sens habandon, pris adverbialement, " tout étoit habandon. " (Ger. de Nev. I. part. pag. 63.) Voy. ABANDONS ci-après.

Ban ou Bandon, signifie proprement publication, proclamation publique, permission générale. (Voy. BANDON ci-après) Le temps du Ban, Bandon ou Bannon, étoit celui où il étoit libre de faire paître les bestiaux en commun et sans pasteur, différent du temps où les terres étoient en déffens, pendant lequel on n'avoit pas la même liberté. " Bestes à abandon, sont des bestes sans garde. " (Laur. Gloss. du Dr. fr. au mot Bandon.) L'on disoit aussi à-bandonner, pour livrer à discrétion, et on l'a écrit ensuite en un seul mot abandonner. L'expression à-bandon ne faisant plus qu'un seul mot, on l'a employée quelquefois avec la préposition par ou à, ce qui est originairement un pléonasme ; ainsi on a dit " à abandon ou par abandon, " pour généralement, entièrement, absolument, sans réserve, sans restriction. (Voy. les Rech. de Pasquier, liv. VIII, page 704. - Du Cange, Gloss. Lat. au mot Abandum, et Fabl. MS. du R. n° 7218, fol. 25, R°, col. 1.)

Désormais est raison

De mon chant renoveler,

Car pris ma par abandon,

Amours cui sers sans fauser.

Anc. Poët. Fr. MSS. avant 1300, t. I, p. 179.

En parlant d'une ville et d'un château assiégés, ceux qui le défendoient " furent contraints de venir à abandon. " (Chron. Fr. MSS. de Nangis, sous l'an 1248,) " le print à abandon. " (Ibid. sous l'an 1226.) On lit dans le latin deditionem qui répond au mot Abandon. Des bergers qui vont à la Crèche disent :

Portons à leur pauvre ménage

De nos biens à grand abandon.

Les Marguerites de la Marguerite, t. I, fol. 83 V°.



(1) désordre. - (2) anciens. - (3) sa louange, son prix.