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J’entre donc chez Thaïs, non pas pour ce dessein :
Il suffit de sçavoir la beauté de Pamphile.
Vous éclaircir de tout ne peut estre inutile.
Touchez là, je ne veux autre éclaircissement.
Thaïs vous apprendra tout cét évenement.
Sans l’ardeur de son zele envers nostre famille,
Je n’aurois point de sœur, vous n’auriez point de fille.
Pamphile doit au soin que les siens en ont eu
Tout ce qu’elle a d’esprit, de grace, et de vertu.
Enfin, chacun de nous estant son redevable,
Pour moy, de ce costé, je me tiens insolvable :
Ma sœur ne l’est pas moins, son amant l’est aussi ;
Jugez qui de nous tous doit prendre ce soucy.
Mon aisné volontiers se charge de la debte.
Que voulez-vous qu’il donne, ou du moins qu’il promette ?
Car donner maintenant n’est pas en son pouvoir.
Ce sera, je m’en doute, à Damis d’y pourvoir :
J’en suis content, Chremès, et veux, sans repugnance,
Marquer cét heureux jour d’une double alliance.
Ma joye et vos conseils, tout parle pour Thaïs ;
Nous n’avons à gagner que le cœur de mon fils :
N’apprehendez-vous point l’effort qu’il faudra faire ?
S’il s’est laissé gagner, il a sceu vous le taire ;
Que pouvoit-il de plus que garder le respect ?
Il se taist mesme encor, et tremble à votre aspect.