Page:La Révolution française et l'abolition de l'esclavage, t1.djvu/49

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Pour ſauver les humains faut-il donc les détruire
Et ſans les maſſacrer ne peut-on les inſtruire ?
Sous leurs pas, il eſt vrai, les gouffres ſont ouverts,
Et leur fatale erreur les entraîne aux enfers.
Ah ! s’il faut à ce prix leur vendre nos lumières,
Que ſert de leur ouvrir les céleſtes barrières ?
Dieu vengeur ! dans l’abyme où règne ton courroux,
Verra-t-on des bourreaux plus barbares que nous ?…
Le meurtre ceſſe enfin… Quoi ! l’orgueilleux Libère
Permet à des humains de reſter ſur la terre !
Sa fureur défaillante épargne les vaincus !…
Non, non, ſa pitié même eſt un crime de plus
"Ce Monde eſt né, dit-il, pour le bonheur de l’autre ;
"Allez, vils inſtrumens des voluptés du nôtre,
"A la nature avare arrachez ſes métaux ;
"En vous donnant des fers j’ai payé vos travaux.
Sous leurs coups redoublés la terre eſt entrouverte,
Ses flancs ſont habités, ſa ſurface eſt déſerte ;
Elle voit des vivans raſſembler leurs efforts,
Pour deſcendre en ſon ſein, qui ne s’ouvroit qu’aux morts.