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de Nègres, & de la contrainte où les Planteurs ont été pendant ſoixante ans de jeter une partie conſidérable de leurs revenus, que les Négocians de France refuſaient d’exporter[1]. Ils ne voulaient ni ſouffrir que les étrangers en fiſſent des enlèvemens, ni en donner aucun prix.

On a donc toujours été obligé de ſuſpendre l’effet de ces lois injuſtes & de les modifier Les guerres, les ouragans, les tremblement de terre ont néceſſité ſans ceſſe l’admiſſion des étrangers dans les Colonies françaiſes, dont les Marchands nationaux ne craignaient pas d’occaſionner les pertes, ſans pouvoir aider à les réparer. Enfin, le Commerce des bois & des ſalaiſons, & l’exportation des melaſſes & ſirops, ont donné lieu en 1768 à l’établiſſement de deux entrepôts, l’un au mole Saint-Nicolas pour Saint-Domingue, & l’autre à Sainte-Lucie pour les Iles du Vent.

Ces deux entrepôts excitèrent les réclamations des Négocians de tous les ports du Royaume, qui criaient : Les Colonies ſont faites pour nous, confondant toujours leur intérêt avec celui du Royaume : mais le Gouverne-

  1. Les firops & raelaſſes.