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pole, des comeſtibles ou autres objets de première néceſſité, pour les porter dans un autre hémiſphere, tandis qu’on les vendrait auſſi bien en Europe, & qu’on pourrait en trouver un emploi plus utile dans le ſeint de la Nation même par l’augmentation de ſes fabriques[1].

Mais s’il était impoſſible à la Métropole de fournir des comeſtibles à ces Colonies à un prix convenable, ſi cela était démontré par l’expérience & par le raiſonnement ; ne ſerait ce pas aller contre le but de ces établiſſement, que de s’y réſerver une fourniture excluſive ?

Quand même les lois faites autrefois pour les colonies à ſucre euſſent été fondées ſur de meilleurs principes que celui de donner aux Négocians nationaux des occaſions ſans bornes de s’enrichir, ces lois auraient depuis long-temps ceſſé d’être applicables. Les greniers de ces Colonies ſont dans l’Amérique

  1. Il ne peut jamais être avantageux à la Natibn de porter à Saint-Domingue des farines ou des grains ; Il ne faut y porter que des objets de fabrique. C’eſt dans l’Amérique Septentrionale que ſont les greniers naturels de toutes les Iles de l’Archipel occidental.