Page:La Révolution française et l'abolition de l'esclavage, t12.djvu/13

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mêmes. Elle a en conſéquence juge convenable d’oppoſer une entière loyauté aux inquiétudes qu’on cherche à répandre dans les Colonies, & d’expliquer clairement ſes intentions ſur la faveur de l’initiative qu’elle a cru devoir accorder aux diverſes aſſemblées coloniales, par ſon décret du 28 mars, relativement aux loix à faire ſur l’état des perſonnes.

Le point fondamental & le ſeul véritablement important, celui ſur lequel les gens mal intentionnés vouloient alarmer les Colonies, étoit la conſervation des moyens que les propriétaires ont de les mettre en valeur. L’Aſſemblée Nationale a déclaré que le Corps légiſlatif ne délibéreroit ſur l’état des perfonnes non libres, que d’après les propoſitions ſpontanées que pourroient lui faire les aſſemblées coloniales.

L’Aſſemblée Nationale a pu prendre cet engagement, parce qu’il ne s’agiſſoit que d’individus d’une nation étrangère, qui, par leur profonde ignorance, les malheurs de leur expatriation, la conſidération de leur propre intérêt, l’impérieuſe loi de la néceſſité, ne peuvent eſpérer que du temps, du progrès de l’eſprit public & des lumières, un changement de condition qui, dans l’état actuel des choſes, ſeroit contraire au bien général, & pourroit leur devenir également funeſte.

La confirmation des loix relatives aux perſonnes non libres, étoit ce qu’avoient ſouhaité les citoyens des Colonies ; c’eſt à cet égard ſeulement que l’initiative leur avoit été donnée ſur l’état des perſonnes, & qu’elle étoit intéreſſante pour eux ; car, où la propriété eſt aſſurée, où la culture & le commerce peuvent proſpérer, là ſe trouvent toutes les ſources des richeſſes & tous les moyens de bonheur.

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