Page:La Révolution française et l'abolition de l'esclavage, t12.djvu/18

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
8

s’affoiblir ; les ſentimens de juſtice & d’humanité, l’évidence de l’intérêt commun de tous les hommes libres dans un pays où la ſureté générale demande entre eux la plus grande union, tous les motifs les plus puiſſans ſur la raiſon, ſur la ſenſibilité & ſur le civiſme, produiront leur effet ; & où la patrie ne voit que des enfans, ils ſe plairont à contribuer à ſon bonheur, en les regardant comme frères.

L’Aſſemblée Nationale s’applaudiſſoit d’un ouvrage dans lequel la politique, la modération, la raiſon & l’équité lui paroiſſoient ſi heureufement conciliées, lorſqu’elle a vu avec douleur quelques députés des Colonies, regarder comme une diminution des conceſſions précédemment faites aux aſſemblées coloniales, ce qui n’eſt en ſoi qu’une extenſion donnée à ces mêmes conceſſions.

Ces députés ne peuvent manquer d’abjurer bientôt une erreur ſi contraire aux intentions & à la teneur des décrets du Corps légiſlatif & conflituant ; ils regretteront de l’avoir manifeſtée, en déclarant qu’ils s’abſtiendroient des ſéances où leur devoir les appelle.

L’Aſſemblée Nationale, les plaint d’une conduite qu’elle auroit pu frapper de ſon improbation ; & dans l’affection véritablement maternelle dont elle eſt animée pour les Colonies, elle ſe borne à empêcher par la préſènte inſtruction, que l’erreur de leurs députés ne devienne contagieuſe.

Quel plus beau témoignage d’eſtime & de confiance pouvoit-elle donner aux aſſemblées coloniales, que de leur accorder l’initiative ſur leurs loix conſtitutionnelles, & ſur l’état des perſonnes non libres ou qui ne ſont pas nées de père & mère libres ! De quelle plus belle fonction pouvoit-