Page:La Révolution française et l'abolition de l'esclavage, t12.djvu/20

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au droit & à l’honneur de jouir des bienfaits de la conſlitution, n’ayent le noble amour propre de s’élever à ſa hauteur, & de s’en montrer complettement dignes.

Dédaignant l’imputation & le ſoupçon d’avoir manqué envers eux à ſes engagemens, au moment où elle y ajoute encore par égard pour leurs habitudes, il ſuffit à l’Aſſemblée Nationale de les inviter a comparer & à peſer les décrets ; ils y trouveront ſa confiante attention pour leurs intérêts. Elle ne veut point d’autre préfervatif contre tous les efforts que l’on pourroit faire pour égarer leur opinion ; elle ſe fie à leur raiſon, & au patriotiſme dont ils ont en tous les temps donné un ſi grand nombre de preuves. Elle eſt convaincue que rien ne peut les détourner de l’obéiſſance qu’ils doivent aux décrets du Corps légiſlatif ſanctionnés par le Roi. Sûre de ſes principes, invertie de toutes les forces de la volonté générale, la nation Françoiſe doit au maintien de l’ordre, à l’intérêt même des colons blancs, à leur ſureté, à la conſervation de leurs rapports commerciaux avec la métropole, de prendre les meſures les plus promptes & les plus efficaces pour aſſurer dans les Colonies l’exécution de ſes loix, pour prévenir les dangers des fauſſes interprétations, & pour arrêter les coupables efforts de tous ceux qui n’aſpirent à diviſer les eſprits, à fomenter des troubles, que pour mettre la liberté publique en danger.

Mais la ſoumiſſion, mais la reconnoiſſance des colons libres de toutes couleurs, & fur-tout de ceux qui tiennent de plus près à la mère-patrie, de ceux qui ſe ſont toujours diſtingués parmi ſes enfans, lui paroiſſent encore plus ſolidement fondées ſur leur propre intérêt, ſur l'attachement & ſur le