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PRATĪTYASAMUTPĀDA




NOTE PRÉLIMINAIRE.


Si on excepte peut-être la doctrine des quatre vérités et celle des cinq skandhas (ou éléments constitutifs de l’être humain) avec lesquelles elle entretient d’ailleurs des rapports étroits, aucune théorie ne paraît plus essentielle au bouddhisme que celle de la « Production conditionnée » ou de la « Chaîne des douze causes » (nidāna) ; aucune n’est plus souvent mentionnée ou supposée dans les écrits canoniques ; aucune ne peut être plus justement définie comme le credo du bouddhisme[1], comme le message décisif du Maître[2] ; aucune n’est discutée plus à fond

  1. « Des choses qui naissent d’une cause, le Tathāgata a fait connaître la cause ; de quelle manière elles prennent fin, c’est aussi le grand ascète qui l’a dit ».
  2. C’est en découvrant le Pratītyasamutpāda que le Bouddha est devenu Bouddha. Le Dīgha, ii, 55, le Majjh., i, 190 et beaucoup d’autres textes identifient l’ignorance du Pratītyasamutpāda avec l’ignorance (avidyā) tout court, la connaissance de cette doctrine avec la connaissance de la Loi (voir Madhyamakavŗtti, p. 6, n. 2). — Le Grand Véhicule appelle la Pratītyasamutpatti, « mère des Bouddhas » (voir ibid. 159, n. 4, p. 160, n. 7) ; au moins est-elle la mère des Arhats, car, dès qu’on l’a comprise, la notion du moi, la préoccupation du passé, du présent et de l’avenir d’un moi, toutes les vues fausses disparaissent (Saṃ., ii, 26, Warren, Buddhism in Translations, p. 243 ; Madhyamakavŗtti, 593). — D’après certaines sources, la méditation des Douze Causes est réservée aux Pratyekabuddhas.