Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 7, part. 1, E-El.djvu/392

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les choses éloquentes, il touche avec émotion les choses profondes. »

ÉLOQUENT, ENTE adj. (é-lo-kan, an-te — lat. eloquens, même sens). Qui a de l’éloquence, qui parle ou écrit avec éloquence : Les femmes sont éloquentes en conversation et vives pour mener une cabale. (Fén.) Que ce soit la vérité gui nous touche et non les ornements dont les hommes éloquents l’auront parée. (Boss.) Il y a des hommes qui ne sont pas éloquents, parce que leur cœur parle trop haut et les empêche d’entendre ce qu’ils disent. (Chateaub.) Avec la seule pensée on peut être dissert ; pour être éloquent, il est nécessaire que la passion s’y joigne. (Lamenn.) Pour être éloquent, il ne s’agit que de bien penser, de penser fortement. (Ste-Beuve.) || Qui est dit ou écrit avec éloquence : Discours, style, ouvrage éloquent. Termes éloquents. Un discours n’est éloquent qu’autant qu’il agit dans l’âme de l’auditeur. (Fén.) Les mauvais écrivains de Rome sentaient bien qu’il était plus aisé d’éviter la bouffissure des orateurs de l’Asie que d’atteindre à l’éloquente simplicité de Démosthène. (La Harpe.) On sert mieux sa cause par l’exemple des bonnes actions que par les plus éloquents discours. (De Gérando).

Tout vit par la chaleur d’une lettre éloquente.
Colardeau.
En vers de touta espèce, en termes éloquents,
Vous répandez sur tout vos sarcasmes piquants.
Destouches.
Interprète éloquent, une lettre rassemble
Tout ce qu’on se dirait si l’on était ensemble,
Peutry.

— Par ext. Qui rend éloquent, qui donne de l’éloquence, qui fait parler éloquemment : La colère est éloquente. Toute passion est éloquente. (V. Hugo.)

— Fig. Persuasif, propre à toucher, à convaincre, a gagner : Larmes éloquentes. Silence éloquent. Geste éloquent. Regard éloquent. Il n’est rien de plus éloquent que l’argent. La morale est un témoignage éloquent qui atteste la divinité. (De Gérando.)

O silence des bois, solitude éloquente !
A. Chénier.
C’est un style éloquent qu’un billet au porteur,
Qui vaut mieux qu’un discours rempli de fariboles.
Reonard.

— Pop. Qui a l’haleine fétide : Il est éloquent, il fait sentir ses paroles.

Syn. Éloquent, disert. V. disert.

ÉLORA. V. Ellora.

ÉLORE. V. Hélore.

ÉLORN, rivière de France (Finistère). Elle prend sa source au pied de la montagne d’Arrée, dans le canton de Pleyben, arrond. de Châteaulin, coule d’abord du S. au N., passe à Gizun, à la Roche-Maurice, tourne à l’O., baigne Landerneau et va se jeter dans la rade de Brest après un cours de 65 kilom. Elle est navigable de Landerneau à son embouchure, sur une longueur de 14 kilom., avec un tirant de 3 à 4 mètres à la haute mer.

ELORRIO, ville d’Espagne, province de Biscaye, à 39 kilom. S.-E. de Bilbao, près de l’Orrio ; 1,500 hab. Fabrique de quincaillerie. Cette petite ville est située au milieu de vastes pâturages et d’une plaine bien cultivée. Sur son territoire jaillissent de nombreuses sources d’eau sulfureuse froide, dont les deux principales sont la source d’Isasi et la source de Belerin, près desquelles ont été construits deux modestes établissements de bains.

ÉLOSIE s. f. (é-lo-zî — du gr. elos, marais). Erpét. Genre de batraciens voisin des rainettes, qui habite le Brésil.

ÉLOTE adj. et s. (é-lo-te). Hist. gr. Se dit quelquefois pour ilote.

ÉLOTHÉRIUM s, m. (é-lo-té-ri-omm — du gr. elos, marais ; therion, bête fauve), Mamm. Genre de suilliens fossiles. V. suilliens.

ELOTOTOTL s. m. (é-lo-to-to-tl). Ornith. Nom que les Mexicains donnent au dacnis.

ÉLOU. V. Ceylan (idiomes de).

EL-OUAH s. m. (é-lou-a). Mot arabe qui signifie oasis.

ÉLOUGES, bourg et commune de Belgique, prov. de Hainaut, arrond, et à 16 kilom. O. de Mons, canton et à 2 kilom. de Dour ; 2,300 hab. Raffineries de sucre et de sel, corderies importantes et renommées ; tanneries, brasseries, fabriques de chicorée ; exploitation et commerce de charbon de terre.

ÉLOUIS (Jean-Pierre-Henri), peintre français, né à Caen en 1755, mort en 1840. Fort jeune, il révéla un goût prononcé pour la peinture, que son père cultivait en amateur distingué ; il entra dans l’atelier de Restout, dont il devint un des meilleurs élèves, puis se rendit en Angleterre, commençant par ce pays cette suite de longs voyages qui ont fait de sa vie une des plus aventureuses carrières d’artiste. Elouis visita la Hollande, l’Allemagne, vint prendre femme à Calais, s’embarqua pour l’Amérique, explora les Etats-Unis, et, pendant son séjour à Philadelphie, peignit en miniature les portraits de plusieurs personnages illustres de la révolution américaine, notamment Washington. Il affectionnait tout particulièrement le genre de la caricature. Ayant accompagné M. de Humboldt dans ses voyages scientifiques, il tomba entre les mains des Anglais comme il faisait voile pour l’Australie, fut envoyé prisonnier par eux aux Antilles, et séjourna plusieurs mois dans l’île de la Providence, où il visita maintes fois le duc d’Orléans, depuis Louis-Philippe, alors réfugié dans cette île. Revenu en France (1807), Elouis continua de cultiver son art, mais abandonna la miniature pour la peinture à l’huile. Il obtint au concours (1811) la place de conservateur du musée de Caen, et à dater de ce moment s’adonna tout entier au portrait. Ses œuvres les plus remarquables sont les portraits du général d’Aumont, de MM. Jamet, Le Menuet, de La Jagannière, Bridet, Lair, de Touchet, Ameline et l’abbé Hervieu.

ÉLOUL s. m. (é-loul). Antiq. Syn. d’élul.

ÉLOY (Nicolas-François-Joseph), médecin et biographe belge, né à Mons en 1714, mort dans la même ville en 1788. Il étudia la philosophie et la médecine à Louvain, où il se fit recevoir docteur, puis alla compléter à Paris son instruction médicale. De retour à Mons, il y pratiqua son art, devint médecin de la ville (1752), et reçut, en 1754, le titre de conseiller médecin du duc Charles de Lorraine. Nous citerons parmi ses écrits : Réflexions sur l’usage du thé (Mons, 1750) ; Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne (Liége, 1755, 2 vol. in-8º) ; Cours élémentaire des accouchements (Mons, 1775) ; Mémoire sur la dyssenterie (Mons, 1780) ; Si l’usage du café est avantageux à la santé (Mons, 1781).

ÉLOY-DE-GY (SAINT-), bourg et commune de France (Cher), canton de Saint- Martin d’Auxigny, arrond. et à 10 kilom. N. de Bourges ; 1,174 hab. Nombreuses antiquités. Château des Dames, qu’habita Agnès Sorel ; on voit encore dans les appartements quelques meubles ayant appartenu à cette favorite et un portrait de Charles VII.

EL PASO, comté des Etats-Unis d’Amérique, duns la partie N.-O. du Texas, borné au N. par l’Etat du Nouveau-Mexique et à l’O. par le Rio-Grande ; superficie, 25,656 kilom. carr. ; pop., 3,100 hab., tous blancs. La surface du comté est montagneuse et en partie couverte de forêts. Le sol des vallées est riche et excellent pour la culture du blé et du maïs. On y trouve d’immenses dépôts de charbon de terre. Capitale, El Paso.

EL PASO ou EL PASO DEL NORTE, ligne d’établissements occupant, dans le coin N.-E. de la province de Chihuahua (Mexique), une étroite vallée de 15 k 16 kilom. de longueur, sur la rive droite du Rio-Grande, dont la largeur, sur ce point, varie de 100 à 200 mètres, et situés vis-a-vis de la ville de Franklin, dans l’Etat du Texas (Etats-Unis d’Amérique). Le sol de cette vallée est extraordinairement riche et parfaitement approprié à la culture de l’avoine, du blé et du maïs ; la vigne y réussit aussi admirablement. L’industrie des habitants est peu développée ; leurs principaux produits sont des sortes de vin et d’eau-de-vie peu alcoolisés, que les négociants américains nomment pass-wine et pall-wisky. Les habitants de cette colonie sont généralement de races mêlées, tous ayant dans les veines plus ou moins de sang indien. Ils ne sont pas dénués de ressources, mais jamais ils n’emploient leur argent à se procurer aucun de ces articles de confort ou de luxe qui, dans la plupart des pays civilisés, sont considérés comme indispensables. Les carreaux en vitre, par exemple, leur sont totalement inconnus ; ils ne se servent ni de fourchettes ni de couteaux ; dans les maisons des riches eux-mêmes il n’y a ni chaises ni tables. Leurs habitations, à un seul étage, sont construites en briques séchées au soleil et n’ont pour plancher que la terre battue. L’église paroissiale, la place publique, et les plus prétentieuses des résidences particulières, sont situées dans la partie méridionale de la vallée, immédiatement au-dessous d’une gorge ou d’un défilé. Cette portion de la colonie est celle qui a probablement le plus de droit à s’appeler la ville d’El Paso. Elle est située à environ 570 kilom. S.-O. de Santa-Fé et à 960. kilom. en droite ligne de la côte du Pacifique, par 31° 42’ de lat. N. et 106° 40’ de long. O. La population est d’environ 5,000 hab. El Paso del Norte, qui est la principale voie de communication entre le Nouveau-Mexique, le Chihuahua et les provinces mexicaines situées plus au S., est une importante station de la route méridionale de terre de la Californie. Son nom, qui signifie passe, vient probablement du passage du Rio-Grande à travers les montagnes.

ELPÉNOR, un des compagnons d’Ulysse. Il fut métamorphosé en porc par Circé. Lorsqu’il eut recouvré sa première forme, il s’endormit sur le toit de la maison de Circé et se tua en tombant pendant son sommeil.

Elpénor, fragment d’une tragédie de Gœthe. Deux actes seulement ont été écrits en 1783 par le poëte de Weimar sur ce sujet antique. Nous ne pouvons savoir, d’après ces fragments, ce que serait devenue la pièce et quel aurait été le dénoûment de l’action. Le sujet est la haine qu’Antiope fait jurer à Elpénor, et qui deviendra le pivot du drame.

ELPHÉGE ou ALPHÉGE (saint), prélat anglais, né en 954, mort en 1011. Il fut tiré de la retraite qu’il s’était choisie et où il se livrait, avec de nombreux disciples, à d’incroyables austérités, pour être sacré évêque de Winchester (984). Transféré à l’archevêché de Cantorbéry (1006), il y fit de sages règlements, et réunit plusieurs conciles pour réformer la discipline. En 1011, les Danois s’étant emparé de son diocèse, il subit sept mois de captivité et fut ensuite mis à mort. Les martyrologes l’ont inscrit au rang des martyrs, et l’Eglise l’honore le 19 avril.

ELPHÉGÉE s. f. (èl-fé-jé). Bot. Syn. de psiadie.

ELPHIDE s. f. (èl-fi-de). Moll. Syn. de polystomelle.

ELPHIN, ville d’Irlande, comté et à 48 kilom. N. de Rosiommon ; 4,550 hab. Cette ville, d’un aspect misérable, ne se compose guère que de cabanes couvertes en chaume, éparses le long de deux rues qui se coupent à angles droits. La cathédrale est un vieil édifice nouvellement restauré. Non loin d’Elphin, ontrouve Smith-Hill, lieu de naissance d’Olivier Goldsmith, auteur du Vicaire de Wakefield.

ELPHINSTON (Guillaume), prélat écossais, né à Glascow en 1431, mort à Edimbourg en 1514. A l’âge de vingt-quatre ans il se rendit à Paris, où il professa avec beaucoup de distinction le droit civil et le droit canon, occupa une chaire à Orléans, et retourna au bout de neuf ans en Angleterre, où il fut créé official de Glascow. Elphinston devint ensuite recteur de l’université de cette ville, membre du Parlement, puis du conseil privé, et fut envoyé par Jacques III en France auprès de Louis XI, avec le titre d’ambassadeur. De retour en Écosse, il fut successivement archidiacre d’Argyle (1479), évêque de Ross, puis d’Aberdeen (1484), remplit plusieurs missions importantes auprès du gouvernement anglais et de l’empereur Maximilien, prit une part très active à tous les événements considérables qui eurent lieu dans son pays, et reçut, en 1492, le titre de lord du sceau privé. Malgré tant de travaux, il s’occupa de plusieurs fondations d’instruction ou d’utilité publique, et ce fut sur sa demande que fut créée, en 1494, l’université d’Aberdeen. Ce prélat a écrit des Vies des saints et une Histoire d’Ecosse, qui sont restées manuscrites. Il avait un amour ardent pour sa patrie, et l’on a attribué sa mort au chagrin que lui causèrent la perte de la bataille de Flodden-Field et la mort de Jacques IV.

ELPHINSTON ou ELPHINSTONE (John), amiral russe, né en Écosse vers 1720, mort eu Angleterre en 1775. Il entra fort jeune dans la marine anglaise, y obtint le grade de capitaine, et passa au service de la Russie, en 1768, avec le titre de contre-amiral. Il donna une vive impulsion à la construction et à l’armement de la flotte de Catherine, et partit ensuite pour opérer contre les Turcs. Il rejoignit l’amiral Spiridoff, après un combat heureux sur les côtes de la Morée, et prit le commandement réel de la flotte, bien que, à son grand regret, il dût céder le commandement nominal à l’amiral russe. Orloff, qui commandait les troupes de débarquement et qui était jaloux d’Elphinston, ne perdit d’ailleurs aucune occasion de contrarier l’officier anglais. L’escadre turque, battue dans un engagement général, s’étant imprudemment enfermée dans la baie de Tchesmé, Elphinston l’y brûla tout entière. Il voulait profiter de ce succès pour s’engager dans les Dardanelles, mais Orloff s’opposa à ce projet jusqu’à ce que les Turcs eussent eu le temps de le rendre impossible à exécuter. Pour exciter les Russes par son exemple, Elphinston s’était avancé seul dans le détroit, et, à travers le feu des batteries turques, il était venu s’embosser sous les murs de Constantinople. Voyant que personne ne le suivait, il rejoignit l’escadre russe, et brisa, de dépit, son vaisseau sur un écueil, comme un général eût brisé son épée. Bientôt il sut que Catherine, qui comblait des plus grands honneurs Spiridoff et Orloff, ces deux officiers incapables et envieux, l’avait oublié lui-même ; il revint à Saint-Pétersbourg, se présenta devant l’impératrice en uniforme de capitaine anglais, donna sa démission, et parut aussitôt pour l’Angleterre. Lorsque Catherine reconnut son injustice, Elphinston ne pouvait plus profiter de ce repentir tardif, il était mort dans son pays natal. Mais deux de ses trois fils vinrent offrir leurs services à Catherine, et elle profita avec empressement de cette occasion qu’ils lui fournissaient de réparer son ingratitude envers leur illustre père.

ELPHINSTON (Jacques), grammairien écossais, né à Edimbourg en 1721, mort en 1809. Il fut d’abord instituteur de lord Blantyre, et ouvrit, en 1751, une école à Kensington. Partisan passionné d’une modification radicale dans l’orthographe de la langue anglaise, consistant à la rendre entièrement conforme à la prononciation, il publia, pour propager ses idées, divers ouvrages qui attirèrent sur sa tête une avalanche de quolibets. Une traduction de Martial, qu’il publia en 1782 (1 vol. in-4º), ne fut pas mieux accueillie. Ses ouvrages principaux sont les suivants : Langues anglaise et française (1756, 2 vol. in-12) ; Éducation, poëme (1763) ; Langue anglaise (1765, 2 vol. in-12) ; Poetæ sententiosi latini (1794) ; enfin, un ouvrage des plus curieux, dans lequel il fait l’application de l’orthographe préconisée par lui, et qui a pour, titre : Correspondance de cinquante années en anglais, en français et en latin, en prose et en vers, entre des génies des deux sexes et James Elphinston (1794, 8 vol. in-12). Voici l’orthographe que, d’après ses principes, il avait adoptée pour ce titre bizarre : Fifty years correspondence, inglish, french and latlin, in proze and verse, belween geniusses ou boath sexes and James Elphinston. L’auteur de cette réforme radicale avait un caractère plus doux et une imagination plus paisible que son projet de révolution grammaticale pourrait le faire supposer, et il ne s’emportait, dit-on, que dans trois circonstances : lorsqu’on jurait devant lui, lorsqu’on, prononçait mal l’anglais et lorsqu’une femme oubliait la retenue naturelle à son sexe.

ELPHINSTONE (Mount Stuart, baron d’), homme d’Etat et historien anglais, né en 1778, mort en 1859. Il entra, fort jeune encore, au service de la Compagnie des Indes, fut nommé juge suppléant à Bénarès, parvint rapidement au poste de résident à Poonah, et, en 1809, fut envoyé, comme ambassadeur extraordinaire, à la cour afghane de Caboul, où il réussit à conclure un traité tout au détriment des Français. Le renversement du monarque afghan, dans le cours de la même année, rendit illusoires les stipulations de ce traité ; mais, comme fruit de sa mission, M. Elphlnstone publia son excellente Histoire du royaume de Caboul et de ses dépendances en Perse, en Tartarie et dans l’Inde (Londres, 1815, in-4º ; 1842, 3e édit.). En octobre 1818, il fut nommé gouverneur de Bombay, et à cette occasion il adressa au gouverneur colonial de Calcutta un Rapport sur les territoires conquis sur le Peeshwa. Sa politique libérale, le soin qu’il prit de l’éducation et du bien-être des indigènes, sont signalés avec les plus grands éloges par tous les écrivains contemporains, et, en particulier, par l’évêque Heber, dans son Journal indien. M. Elphinstone quitta le service de la Compagnie des Indes en 1826 . Lors de son départ pour l’Angleterre, les citoyens de Bombay lui offrirent, en témoignage de reconnaissance, un service d’argenterie, et, plus tard, fondèrent en son honneur une institution qui porte encore son nom. En 1841 il publia son Histoire de l’Inde ; Périodes indoue et maliométane (2 vol. in-8º), dont la quatrième édition a paru en 1864. Colebrooke a fait paraître les Mémoires d’Elphinstone (Londres, 1861).

ELPHINSTONE KEITH (George), amiral anglais. V. Keith.

ELPICE (sainte), vierge et martyre qui vivait à une époque demeurée incertaine. Sa mère, sainte Sophie, avait donné à ses trois filles le nom de Foi, Espérance et Charité (en gr. Elpis, dont on a fait Elpice). Elle les vit martyrisées toutes trois sous Dioclétien, d’après quelques auteurs ; du temps d’Adrien ou d’Antonin, selon d’autres. Il s’est même trouvé des historiens qui, réfléchissant que Sophie (en gr. sophia) signifie sagesse, ont vu dans les trois vertus théologales, filles de la sagesse, une simple création allégorique, et ont nié l’existence de ces quatre saints personnages. Quoi qu’il en soit, l’Eglise honore sainte Elpice le 1er août.

ELPIDE s. f. (el-pi-de — du gr. elpis, elpidos, espérance). Usité seulement dans la locution suivante.

— Ironiq. Abbé de Sainte-Elpide, Abbé en espérance, personne qui prenait le titre d’abbé sans être abbé en effet.

ELPIDIUS ou HELPIDIUS (Rusticus), médecin grec qui vivait dans le vie siècle. Il était chrétien et même diacre de l’Eglise de Lyon. Ayant étudié la médecine, il acquit beaucoup de réputation comme praticien, s’établit d’abord à Arles, puis à Spolète, et soigna Théodoric le Grand dans sa dernière maladie. Il a compilé les passages de la Bible que les commentateurs appliquent à Jésus-Christ, et composé un poëme sur les Bienfaits du Sauveur. Ce dernier ouvrage a été publié dans plusieurs recueils, notamment dans le Poetarum ecclesiast. Thésaurus de Fabricius (Bàle, 1562). Il n’est pas bien sûr que l’auteur de ces deux ouvrages ne soit pas un autre personnage que le médecin de Théodoric.

ELPIDIUS, usurpateur byzantin qui vivait au viiie siècle de notre ère. Il était gouverneur de Sicile en 781, lorsqu’il souleva cette île contre l’autorité d’Irène, mère de Constantin. Une première expédition envoyée par cette impératrice n’ayant pas réussi, elle s’en vengea en faisant emprisonner et battre de verges la femme et les enfants du rebelle, qui se trouvaient à Constantinople. L’année suivante, Elpidius, vaincu par l’eunuque Théodore, se réfugia, avec Nicéphore Ducas et toutes les richesses qu’il put réunir, en Afrique, où les Sarrasins l’accueillirent et le proclamèrent empereur.

ELPIDOPHORE s. f. (èl-pi-do-fore — du gr. elpis, elpidos, espoir ; phoros, qui porte). Bot. Syn. douteux de graphiole.

ELPINICE, fille de Miltiade et sœur de Cimon. Elle vivait au ve siècle avant notre ère. D’après Cornélius Népos, elle était la sœur germaine de Cimon, qui l’épousa publiquement ; mais, par la suite, elle devint la femme de Callias, qui, amoureux d’elle, lui avait promis, en échange de sa main, de payer l’amende à laquelle Miltiade avait été condamné. Plutarque, tout en rapportant l’opinion de quelques auteurs qui ont admis le mariage de Cimon et d’Elpinice, semble plus porté à croire, d’après l’autorité de Stésimbrote et des poëtes comiques, que Cimon eut avec sa sœur des relations incestueuses dans