Page:Laveleye - Les Nibelungen.djvu/349

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Il s’écria : — « Tous mes hommes sont-ils morts ? Alors Dieu m’a abandonné, moi, infortuné Dietrîch ; j’étais un roi puissant, superbe et riche.

» Comment se peut-il faire, dit le sieur Dietrîch, que tous ces héros dignes de gloire aient été tués par ces hommes fatigués de combattre et poussés à bout ? Si le malheur ne me poursuivait, ils ne connaîtraient pas encore la mort.

« Mais puisque le sort n’a pas voulu m’épargner plus longtemps, dites-moi, est-ce que quelqu’un des étrangers a survécu ? » Maître Hildebrant répondit : « Dieu le sait, nul autre que le seul Hagene et Gunther, le glorieux roi. »

— « Hélas ! cher Wolfhart, t’ai-je perdu ? Alors j’aurai bientôt regret d’être jamais né. Quoi ! Sigestap et Wolfwin et Wolfbrant aussi ? Qui donc me viendra en aide au pays des Amelungen ?

« Helpfrich, le très vaillant, est aussi tué ? Comment pleurerai-je Gerbart et Wîchart ? Oh ! c’est aujourd’hui le dernier jour de ma joie. Malheur ! que personne ne puisse mourir de douleur ! »






XXXIX. COMMENT FURENT TUÉS GUNTHER ET HAGENE ET KRIEMHILT


Le seigneur Dietrîch prît lui-même son armure, et le vieux Hildebrant l’aida à s’en revêtir. Comme il gémissait, cet homme fort ! Tout le palais retentissait de sa voix.

Mais bientôt il reprit son courage de héros. Animé par la colère, le bon guerrier s’arma ; puis bientôt ils partirent, lui et maître Hildebrant.