Page:Le Parnasse contemporain, I.djvu/17

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SONNETS

——

FLEURS DE FEU


Bien des siècles depuis les siècles du Chaos,
La flamme par torrents coula de ce cratère,
Et ce pic ébranlé d’un éternel tonnerre
A flamboyé plus haut que les Chimborazos.

Tout s’est éteint. La nuit n’a plus rien qui l’éclairé.
Aucun grondement sourd n’éveille les échos.
Le sol est immobile, et le sang de la Terre,
La lave, en se figeant, lui laissa le repos.

Pourtant, dernier effort de l’antique incendie,
On voit, dans cette lave à peine refroidie,
Éclatant à travers les rocs pulvérisés.

Au milieu du feuillage aigu comme une lance,
Sur la tige de fer qui d’un seul jet s’élance,
S’épanouir la fleur des cactus embrasés.



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