Page:Le Parnasse contemporain, I.djvu/270

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L’ANNEAU




O toi que j’ai choisi pour ma jeune maîtresse ;

O toi qui ceindras son doigt nu,

Anneau d’or, puisse celle à qui l’amour t’adresse

T’accueillir comme un bienvenu ?


Ne froisse point son doigt délicat ; sois pour elle

Ce qu’elle est pour mon cœur épris,

Une extase, un rayon d’aurore, une parcelle

De moi-même, un joyau sans prix.


Alors, sans que son âme austère se courrouce,

Je pourrais, métal transporté,

De désirs tout humains, presser sa lèvre douce,

Nid rose où dort la volupté.


Alors j’effleurerais sa gorge, une merveille

Éblouissante de pâleur,

Aux contours si riants et si frais que l’abeille

Les prend pour deux pêches en fleur.
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