Page:Le Parnasse contemporain, I.djvu/54

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Le Çwarga lumineux aux escaliers d’ivoire
N’est plus. Les seuils de jaspe et les chars de cristal
Sont brisés. Ô vainqueur, qu’as-tu fait de ta gloire !

Les Gandharwîs, orgueil charmant du ciel natal,
Ont cessé d’agiter les nûpûras sonores
De leurs pieds que dorait la poudre de cantal.

Les Âçwins éclatants comme des météores
Ne courbent plus au joug de leur char constellé
Les Vaches aux poils roux qui portaient les Aurores ;

Et la terre, Prisni, comme un bloc descellé,
Avec ses pics hautains et ses plaines fertiles,
On ne sait où, dans l’ombre, éperdue, a roulé,

Tandis que, hérissant sa tête de reptile
Et le pied sur les flancs des dragons, le Dieu noir
Brandissait le Ciras, destructeur des sept Iles !

Maintenant l’arme auguste a rempli son devoir.
Au sein de l’Être unique, étang de quiétude,
Brahmâ s’est endormi, voyant tomber le soir.

Répudiant l’orgueil et la sollicitude
De l’œuvre, il goûte, après mille âges évolua,
L’anéantissement dans la béatitude.

L’universelle mer précipite ses flux
Ténébreux à travers l’horreur universelle,
Cherchant la grève absente et l’île qui n’est plus.

Chaque lame en bramant presse un flot qui harcèle
Une vague tandis que la vague poursuit
Une autre lame en pleurs qui vers un flot ruisselle ;