Page:Le Parnasse contemporain, II.djvu/349

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— Je vais dans l’antre obscur au fond des gorges sombres
Où s’en vont, l’œil sanglant, dans l’épaisseur des ombres,
Se blottir les grands loups à qui mes pas font peur.

— Moi, je vais dans l’azur, dans le rêve, & mon cœur
Aime, à travers l’espace, à faire des voyages

Sur mon esprit qui flotte ainsi que les nuages.

— Moi, je ne cherche rien que la course & le bond,
Et le vent qui mugit & l’écho qui répond

Aux sourds mugissements que pousse la panthère.

— Moi, je vais me plonger au sein de l’onde amère
Où les doux alcyons bercent de leurs doux chants
Les amours des flots bleus & des soleils couchants.

— Moi, je vais affronter les lions solitaires,
Et je m’endors tranquille auprès des ossuaires
Que les ours ont laissés sur le versant des monts.

— Moi, je vais éclairant tous les gouffres profonds ;
Et je verse le jour aux sombres gémonies,

Et je suis le sonneur des grandes harmonies.

— Moi, du son de mon cor, j’ébranle les rochers.
Et, jusqu’au fond du fleuve où passent les nochers.
L’hippopotame entend la voix de mes molosses.

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