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RAOUL GINESTE
LE PRÉSENT DE NOCES
I
Au milieu des joyaux étincelants et lourds
Dont elle allait parer sa gorge demi-nue,
Elle vit un bouquet qu’une main inconnue,
Avait mis là, parmi la soie et le velours.
Or ce bouquet, formé de fleurs presque fanées,
Rien qu’à le voir serrait le cœur ; les nénuphars,
Les glaïeuls maladifs, fils des matins blafards,
Les lys, penchés sur leurs tiges déracinées,
Entouraient les pavois qui charment les douleurs,
Les safrans que l’on voit scintiller dans les herbes
Et les dalhias lourds, dont les fraises superbes
Étalent au soleil leurs sanglantes couleurs.