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ÉDOUARD GRENIER
HELVÉTIA
I
tin pour tous !
Ô pays des glaciers, des lacs, des hommes libres,
Air pur où l’étranger vient retremper ses fibres,
Sublime réservoir de neige et de granit
D’où s’épanchent sans fin les fleuves du vieux monde,
Ô Suisse ! accepte ici ma tendresse profonde :
Je t’admire, je t’aime et mon cœur te bénit.
Ton front est couronné de neiges éternelles ;
La foudre et le soleil se jouent en tes prunelles ;
L’avalanche rapide et tes milles torrents
D’une agrafe d’argent retiennent ta ceinture ;
Les forêts ont tissé ta robe de verdure,
Et tu baignes tes pieds dans tés lacs transparents.