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Kiosem termine la série des sultanes qui ont commandé souverainement dans le sérail et gouverné l’empire ottoman. La valideh Tarkhan abandonna le pouvoir aux grands vizirs et ne se réserva que les moyens d’accomplir de bonnes œuvres. Pieuse et libérale, elle fonda des hospices, donna beaucoup aux pauvres et fit bâtir l’élégante mosquée qu’on voit en abordant la ville impériale, en face de Galata.
Aucun souvenir n’est resté des favorites qui ont passé dans le sérail depuis le règne de Mahomet IV ; ces existences, obscures quoique mêlées à tant de grandeurs, se sont écoulées sans laisser de traces.
Après la destruction des janissaires, le sultan Mahmoud abandonna pour toujours le sérail et alla demeurer dans ses palais du Bosphore. Néanmoins, le siège de l’empire reste à la Sublime Porte ; les divers ministères y sont établis et leurs innombrables employés remplacent le peuple d’esclaves qui remplissait autrefois ces grandes constructions irrégulières et vivait enfermé derrière ces sombres murailles.
Aujourd’hui tout est changé à la cour ottomane ; le-
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- Mme X....
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Le 6 août après midi, nous nous embarquions à bord d’un joli steamer égyptien que son capitaine, M. Louis de Tannyan, mettait gracieusement à notre disposition jusqu’à Ondourman, sur la rive ouest du Nil Blanc, où nous avions donné rendez-vous à nos chameliers ; et vingt minutes plus tard nous descendions sur la plage brûlée et onduleuse qui s’étend entre le confluent des deux fleuves et le village, après avoir reçu les adieux du docteur Perney et des amis qui nous avaient escortés jusque-là.
Nos chameliers n’arrivèrent que le lendemain matin,- ↑ Voy. tome V (premier semestre de 1862), p. 397.
Le 7 au matin, nous nous mîmes en route.
Nous avions cinq chameaux pour nos hommes et nos bagages ; nous montions en outre deux de ces admirables petits ânes qui sont la providence du voyageur au Soudan. Sobres, infatigables, doués de jarrets d’acier (les nôtres ont fait en un jour dix-neuf lieues), ces braves petits trotteurs passent là où ne peuvent vivre le cheval ou le chameau. Quant à nos hommes, leur physiologie serait assez longue à faire ; en voici une esquisse à grands traits qui les présentera au lecteur.
Mohammed-Skanderani, cuisinier d’Antinori, amené par lui de la basse Égypte, vrai fils du pavé d’Alexandrie (j’oublie qu’Alexandrie n’a pas de pavé), serviteur alerte et ingénieux en voyage, mais au repos le mécréant le plus irrégulier qui soit. Il ne peut passer à côté d’une jolie fille à cheveux tressés et beurrés sans lui adresser la parole ; il ne croit guère en Dieu, il croit peu au Prophète, mais rien au monde ne le ferait manger d’un animal tué en dehors du rite musulman.
Il a pour ennemi personnel mon drogman, Carletto, un Toscan, chasseur d’éléphants, en ce moment sans ouvrage, et qui parle italien de façon à prouver que tous