Page:Leblanc - Les Confidences d’Arsène Lupin.djvu/223

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« Brigand de voleur, cria maître Goussot, qu’est-ce que t’en as fait ?

Le vieux mendiant semblait encore plus ahuri. Trop malin pour avouer, il continuait à gémir :

« Qu’è qu’on m’veut ?… D’largent ? J’ai pas seulement trois sous à moi… »

Mais ses yeux écarquillés ne quittaient pas son vêtement, et il paraissait n’y rien comprendre, lui non plus.

La fureur des Goussot ne put se contenir davantage. On le roua de coups, ce qui n’avança pas les choses. Mais le fermier était convaincu qu’il avait caché l’argent, avant de s’introduire dans l’épouvantail.

« Où l’as-tu mis, canaille ? Dis ! Dans quel coin du verger ?

— L’argent ? répétait le chemineau d’un air niais.

— Oui, l’argent, l’argent que tu as enterré quelque part… Ah ! si on ne le trouve pas, ton compte est bon… Il y a des témoins, n’est-ce pas ?… Vous tous, les amis. Et puis, le monsieur… »

Il se retourna, pour interpeller l’inconnu qui devait être du côté de la fontaine, à trente ou quarante pas sur la gauche. Et il fut tout surpris de ne pas l’y voir en train de se laver les mains.

« Est-ce qu’il est parti ? » demanda-t-il.

Quelqu’un répondit :

« Non… non… il a allumé une cigarette, et il s’est enfoncé dans le verger, en se promenant.

— Ah ! tant mieux, dit maître Goussot, c’est un type à nous retrouver les billets, comme il a retrouvé l’homme.