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la surveillance si inintelligente mais intermittente de l’oncle, la continuelle présence, lourde, énervante, d’un père dur, intransigeant, acariâtre. Sans cesse l’on raille « le poète [1] ». Seule, la mère console le fils de son inépuisable tendresse ; elle a toute confiance en l’avenir [2].
Hors de la maison, comme un mur qui le sépare de la nature sauvage de l’île, l’arrête aussitôt le spectacle de dure servitude, l’horreur persistante du régime de l’esclavage.
« Tout le long du jour, écrit Mme Dornis dont la belle page vibre des paroles mêmes entendues du poète, il était poursuivi par les cris des noirs qu’on frappait. Devant les cases mal closes, il entendait les hurlements plaintifs, les supplications désespérées : « Grâce, maître, grâce! » et ce cri lamentable, dont il s’était déshabitué, le déchirait à présent, l’affolait. Mais s’il était blessé des souffrances de toute cette chair noire, l’indifférence de ceux qui la torturaient lui semblait plus avilissante encore. Il regardait les jeunes créoles passer, blanches et délicates, drapées de claires mousselines, telles que des anges de lumière devant les cases entr’ouvertes. Elles entendaient les gémissements, avec un sou-