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encore plus loin que Descartes. Il prend cette matière première, cette passivité pure d’où Spinoza a voulu déduire les corps et leurs mouvemens, et il la montre impuissante non-seulement à commencer un mouvement nouveau, mais même à changer la direction du mouvement reçu Il y faut tout expliquer mécaniquement, nous dit-il, car ce sont là des machines, et pour qu’il s’y produise un mouvementnaturel, ily faut le tact. « Uncorps n’est jamais mu naturellement que par un autre qui le pousse en le touchant. » Spinoza doit être satisfait. Maisattendons la suite de l’impuissance de la matière première à rien changer au mouvement, que conclutLeibniz ? C’est que la matière ne suffit pas, et que le mouvement par lui-même ne suffit pas non plus à rien expliquer.
Analysez le mouvement, dit Leibniz, réduisezle à ses élémens les plus simples. Qu’y trouverez- vous de réel ? Si vous ne considérez que ce qu’il comprend précisément et formellement, c’est-à-dire un changement de place, sa réalité est bien petite, et cette notion a très certaine-