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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

L’or autour de tes bras n’a point serré de nœuds,
Et le bandeau d’hymen n’orna point tes cheveux. »


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L’AVEUGLE



Dieu dont l’arc est d’argent, dieu de Claros, écoute !
Ô Sminthée Apollon, je périrai sans doute,
Si tu ne sers de guide à cet aveugle errant. »

C’est ainsi qu’achevait l’aveugle en soupirant,
Et près des bois marchait, faible, et sur une pierre
S’asseyait. Trois pasteurs, enfants de cette terre,
Le suivaient, accourus aux abois turbulents
Des molosses, gardiens de leurs troupeaux bêlants ;
Ils avaient, retenant leur fureur indiscrète.
Protégé du vieillard la faiblesse inquiète ;
Ils l’écoutaient de loin, et s’approchant de lui :
« Quel est ce vieillard blanc, aveugle et sans appui ?
Serait-ce un habitant de l’empire céleste ?
Ses traits sont grands et fiers ; de sa ceinture agreste
Pend une lyre informe, et les sons de sa voix
Emeuvent l’air et l’onde et le ciel et les bois. »
Mais il entend leurs pas, prête l’oreille, espère,
Se trouble, et tend déjà les mains à la prière.
« Ne crains point, disent-ils, malheureux étranger !
(Si plutôt, sous un corps terrestre et passager,
Tu n’es point quelque dieu protecteur de la Grèce,
Tant une grâce auguste ennoblit ta vieillesse ! )
Si tu n’es qu’un mortel, vieillard infortuné,
Les humains près de qui les flots t’ont amené
Aux mortels malheureux n’apportent point d’injures