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GÉRARD DE NERVAL


1808-1855




Gérard de Nerval, de son vrai nom Labrunie, signa d’abord Gérard simplement, puis Gérard de Nerval. Né à Paris en 1808, il fui le compagnon d’études de Théophile Gautier au collège Charlemagne, et, plus tard, fit partie du fameux cénacle romantique de la rue du Doyenné. Après avoir collaboré au feuilleton de La Presse avec Gautier, il parcourut l’Allemagne, revint en France, et fit ensuite un voyage en Orient, d’où, il rapporta un riche écrin de souvenirs discrètement épars, depuis, dans ses œuvres d’humoriste. D’après le jugement littéraire de Théophile Gautier, « Gérard de Nerval s’est toujours tenu, en écrivant, dans une gamme de tons doux et argentins, et s’abstint toujours des violentes colorations dont tout le monde à son époque a plus ou moins abusé. »

À la suite de ses nombreux et longs voyages solitaires, plusieurs fois sa raison troublée le contraignit de se réfugier dans une maison de santé, et par une sombre nuit d’hiver, en plein janvier, cet écrivain si pur et si charmant, le poète ultra-spiritualiste, pris sans doute de la nostalgie de l’Orient sous un froid ciel de brume, eut une fin étrange : Il rendit le dernier souffle dans une rue boueuse de la Cité, dite alors de la Vieille-Lanterne, accroché au support d’un réverbère par un lien solide à ne pouvoir se briser, l’ourlet de grosse toile écrue d’un tablier de cuisine. Quelle singulière loi des contrastes !

Les œuvres de Gérard de Nerval ont été éditées par M. Calmann Lévy.

André Lemoyne.