Page:Les Soirées de Médan.djvu/118

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SAC AU DOS






Aussitôt que j’eus achevé mes études, mes parents jugèrent utile de me faire comparoir devant une table habillée de drap vert et surmontée de bustes de vieux messieurs qui s’inquiétèrent de savoir si j’avais appris assez de langue morte pour être promu au grade de bachelier.

L’épreuve fut satisfaisante. — Un diner où tout l’arrière-ban de ma famille fut convoqué, célébra mes succès, s’inquiéta de mon avenir, et résolut enfin que je ferais mon droit.

Je passai tant bien que mal le premier examen et je mangeai l’argent de mes inscriptions de deuxième année avec une blonde qui prétendait avoir de l’affection pour moi, à certaines heures.

Je fréquentai assidument le quartier latin et j’y appris beaucoup de choses, entre autres à m’intéresser à des étudiants qui crachaient, tous les soirs, dans des bocks, leurs idées sur la politique, puis à gouter aux œuvres de Georges Sand et de Heine, d’Edgard Quinet et d’Henri Mürger.

La puberté de la sottise m’était venue.