Page:Les poésies de Stéphane Mallarmé.djvu/26

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Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D’une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu’il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu du songe se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.
Une ligne d’azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant, perdu par une blanche nue,
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d’émeraude, roseaux.